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Droits humains

Les guerres au Moyen-Orient et la sécurité européenne : une menace systémique durablement sous-estimée

📅 28 juin 2026 ✍️ acha ⏱️ 0 min de lecture
ACHA France
Centre ACHA France
Centre pour les Droits de l'Homme et la Lutte contre le Terrorisme
Besançon, France · info@acha-france.com · acha-france.com
Rapport analytique Droits humains 28 juin 2026

Les guerres au Moyen-Orient et la sécurité européenne : une menace systémique durablement sous-estimée

Du 7 octobre 2023 à 2025 : terrorisme, radicalisation, flux migratoires et polarisation - comment les conflits régionaux reconfigurent le paysage sécuritaire de l'Europe Le 7 octobre 2023 n'a pas seulement déclenché une guerre à Gaza. Il a allumé une mèche en Europe. Depuis, Europol documente une hausse sans précédent des attaques, arrestations et phénomènes de radicalisation directement liés aux conflits du Moyen-Orient. Cette étude analyse les quatre vecteurs par lesquels les guerres régionales menacent concrètement la sécurité des Européens : le terrorisme, la radicalisation, les flux migratoires et la polarisation sociale.

◆ I. Cartographie des menaces : ce que les chiffres révèlent

En 2023, l'Union européenne a enregistré 120 attaques terroristes - 98 menées à terme, 9 ratées et 13 déjouées dans sept États membres. En 2024, le nombre d'attaques a baissé à 58, dont 34 abouties. Mais cette baisse quantitative masque une réalité qualitative plus préoccupante : le profil des auteurs s'est rajeuni de manière alarmante, et la connexion aux conflits du Moyen-Orient est devenue le dénominateur commun de la grande majorité des dossiers traités par les services antiterroristes européens.

120 attaques terroristes dans l'UE en 2023 - hausse par rapport aux années précédentes
58 attaques en 2024 dont 34 abouties - baisse en volume mais radicalisation en accélération
426 arrestations terroristes dans l'UE en 2024, dont 334 liées au terrorisme djihadiste
29 % des suspects arrêtés ont moins de 21 ans (TE-SAT 2025)
La France est le pays européen le plus ciblé : 85 attentats islamistes depuis 1979, 334 morts
Le conflit Gaza a généré des mouvements dans TOUS les milieux extrémistes, pas seulement islamistes
80 arrestations pour diffusion de propagande djihadiste en 2024 dans l'UE
56 413 attentats islamistes dans le monde entre 2013 et avril 2024 - multiplication par 7 vs 2001-2012

◆ 1.1 Le 7 octobre comme détonateur systémique

L'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a eu un effet que les analystes d'Europol qualifient de systémique : elle a généré des mouvements dans l'ensemble du spectre extrémiste européen, bien au-delà du seul terrorisme djihadiste. Des groupes d'extrême droite l'ont utilisée pour diffuser des théories antisémites. Des groupes islamistes l'ont instrumentalisée pour le recrutement et la collecte de fonds. Des idéologies hybrides, mélangeant resentiment géopolitique et haine identitaire, ont émergé sur les réseaux sociaux en quelques semaines.

La Revue nationale stratégique française 2025 documente cette réalité : entre 2023 et 2025, les affrontements entre Israël et l'Iran se sont multipliés dans ce que les analystes décrivent comme une guerre régionale indirecte généralisée, mobilisant l'ensemble des partenaires militaires de Téhéran. Ce contexte de guerre permanente à bas bruit alimente en continu les narratifs des groupes extrémistes européens.

« Les groupes extrémistes ont exploité l'attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, ainsi que la riposte militaire israélienne à Gaza, pour recruter des sympathisants et lever des fonds. Ce conflit a alimenté la haine en ligne, la polarisation et une augmentation des discours antisémites et islamophobes dans l'UE. » - Europol, rapport TE-SAT 2024

◆ 1.2 La chute d'Assad : une recomposition aux implications durables

La chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 représente un tournant géopolitique majeur dont les implications sécuritaires pour l'Europe se déploieront sur plusieurs années. L'IFRI note que cet effondrement « ouvre une nouvelle ère en Syrie, renforçant au passage le rôle de la Turquie et confirmant les ambitions des monarchies du Golfe dans la recomposition régionale ». Pour l'Europe, cela signifie une Syrie potentiellement déstabilisée, des retours de combattants et une recomposition des réseaux terroristes sur un territoire qui a servi de terrain d'entraînement à des milliers de djihadistes européens.
Le rapport TE-SAT 2025 d'Europol souligne explicitement que la chute d'Assad « a marqué un tournant majeur, avec des implications géopolitiques régionales potentiellement plus importantes à moyen et à long terme ». Des transferts de fonds vers des familles de terroristes détenues dans des camps du nord-est de la Syrie continuent d'être documentés depuis des réseaux européens.

◆ II. La radicalisation accélérée : quand le Moyen-Orient entre dans les chambres d'adolescents européens

Le phénomène le plus préoccupant documenté par les services de renseignement européens n'est pas l'attentat organisé par une cellule structurée - c'est l'autoradicalisation d'individus isolés, de plus en plus jeunes, qui se nourrissent exclusivement de contenus en ligne directement liés aux conflits du Moyen-Orient. En 2024, 29 % des suspects arrêtés pour terrorisme dans l'UE avaient moins de 21 ans.

29 % des suspects terroristes arrêtés dans l'UE en 2024 ont moins de 21 ans
Des groupes de mineurs ont été observés se radicalisant en réseau et planifiant des attaques
Des mineurs arrêtés pour administration de canaux pro-EI et utilisation de plateformes gaming
En juin 2024 : deux mineurs arrêtés aux Pays-Bas - l'un gérait un canal pro-EI, l'autre préparait une attaque
L'IA est désormais utilisée par des individus radicalisés pour créer des deepfakes et de la désinformation
Applications chiffrées, VPN et dark web : outils standard des cellules de radicalisation
IS et AQ ont tous deux intégré la crise de Gaza dans leurs narratifs de recrutement en 2024
La DGSI française a alerté sur la multiplication de jeunes profils avec projets violents dès janvier 2025

◆ 2.1 Gaza comme carburant idéologique pour tous les extrémismes

Un phénomène documenté par Europol mérite une attention particulière : les conflits du Moyen-Orient, et en particulier la guerre à Gaza, ne radicalisent pas seulement vers le djihadisme. Ils alimentent l'ensemble du spectre extrémiste. L'extrême droite européenne utilise le conflit pour diffuser des théories antisémites. Des groupes islamistes l'utilisent pour recruter. Des idéologies hybrides - mélangeant victimisme, haine des gouvernements et rejet des valeurs occidentales - émergent de cette polarisation.

Les algorithmes des réseaux sociaux amplifient ce phénomène : un adolescent qui commence à suivre l'actualité de Gaza peut se retrouver, par le simple effet des recommandations algorithmiques, exposé à des contenus de recrutement extrémiste. Ce mécanisme, documenté dans l'environnement de TikTok, s'applique également aux contenus liés aux conflits du Moyen-Orient.

« Dans leur recherche de soutien et de nouvelles recrues, les groupes terroristes ciblent des individus vulnérables, en particulier les mineurs et les personnes touchées par des vulnérabilités psychologiques. Le nombre de mineurs et de jeunes impliqués dans des activités terroristes et extrémistes violentes au sein de l'UE a continué d'augmenter en 2024. » - Europol, TE-SAT 2025

◆ 2.2 La menace du retour : combattants étrangers et expertise de guerre

Un vecteur de risque souvent sous-estimé est celui du retour en Europe d'individus qui ont participé directement ou indirectement aux conflits du Moyen-Orient. La chute d'Assad a libéré des centaines de détenus des prisons syriennes, dont certains avaient des liens avec des réseaux terroristes. Des ressortissants européens qui avaient rejoint des groupes armés en Syrie, en Irak ou au Yémen peuvent rentrer avec une expertise militaire et une radicalisation confirmée.

Le rapport TE-SAT 2025 souligne que l'implication de certains extrémistes violents dans le conflit ukrainien - qui combat en lien avec des groupes d'extrême droite européens - pose des questions similaires : ces individus rentreront avec « une expertise sur les tactiques et outils de guerre ». La même dynamique s'applique aux conflits du Moyen-Orient.

◆ III. Les flux migratoires : entre réalité humanitaire et instrumentalisation sécuritaire

Les guerres du Moyen-Orient génèrent des flux migratoires massifs qui atteignent l'Europe selon des routes et des dynamiques qui se reconfigurent à chaque nouvelle escalade. En 2023, selon le HCR, 117,7 millions de migrants forcés étaient recensés dans le monde, issus principalement de conflits en Afghanistan, Syrie, Gaza, Yémen et Soudan. L'Europe n'accueille qu'une fraction de ces déplacés, mais cette fraction suffit à restructurer les paysages politiques nationaux.

117,7 millions de migrants forcés dans le monde fin 2023 (HCR)
Un million d'Européens sont arrivés via la Syrie en 2015 - scénario redouté de répétition en 2024-2025
L'UE a versé 1 milliard d'euros au Liban en 2024 pour contrôler les flux migratoires
264 millions d'euros de ces fonds fléchés sur les forces de sécurité libanaises
2 millions de Syriens rentrés depuis la chute d'Assad (juin 2025) - retours timides mais réels
La Libye redevient en juin 2025 le premier pays de départ vers l'Europe
La guerre Israël-Hezbollah a déplacé 1 million de personnes au Liban en quelques semaines
L'ONU a alerté : « Les options seraient d'aller à Chypre, en Europe par bateau »

◆ 3.1 Le scénario 2015 : répétition ou nouveau chapitre ?

En 2024, l'escalade entre Israël et le Hezbollah au Liban a provoqué le déplacement d'un million de personnes en quelques semaines - un chiffre identique à celui des réfugiés syriens arrivés en Europe en 2015. L'analogie a immédiatement alerté les gouvernements européens. L'UE a réagi en versant 1 milliard d'euros au Liban pour renforcer le contrôle de ses frontières et prévenir de nouveaux flux vers Chypre.

Mais 2024 n'est pas 2015. L'Europe a radicalement durci ses politiques migratoires. Le Pacte européen sur la migration et l'asile, adopté en 2024, a généralisé les procédures aux frontières et les mécanismes de retour. Les gouvernements d'extrême droite ou droite dure en Italie, en Hongrie, aux Pays-Bas et dans plusieurs autres États membres ont rendu politiquement impossible toute répétition de la politique d'accueil allemande de 2015. Ce durcissement a ses propres conséquences sur les droits humains des demandeurs d'asile.

« 2024 n'est pas 2015. Lorsque la crise migratoire a frappé il y a près d'une décennie, l'Europe avait peu d'expérience avec des vagues migratoires de ce type. Il est difficile de penser que les politiciens européens accueilleront une nouvelle vague migratoire à bras ouverts. Mais cela pourrait bien leur être imposé par les circonstances. » - UnHerd, septembre 2024

◆ 3.2 La militarisation des frontières et ses effets sur les droits humains

La réponse européenne aux flux migratoires issus des conflits du Moyen-Orient s'est progressivement militarisée, avec des conséquences documentées sur les droits fondamentaux. Human Rights Watch a alerté en septembre 2024 sur la coopération entre les autorités chypriotes et libanaises visant à orchestrer l'interception des embarcations quittant le Liban pour Chypre, et le refoulement de leurs occupants - pratique accompagnée selon HRW d'un usage excessif de la force, de détentions arbitraires et de traitements inhumains.

L'UE finance ainsi, indirectement, des pratiques de refoulement qui violent les conventions internationales qu'elle a elle-même signées. Cette contradiction entre le discours sur les droits humains et la réalité des politiques migratoires constitue l'un des angles morts les plus préoccupants de la réponse européenne aux conflits du Moyen-Orient.

◆ IV. La polarisation sociale : quand le Moyen-Orient fracture les sociétés européennes

Au-delà du terrorisme et de la migration, les guerres du Moyen-Orient exercent un troisième effet sur les sociétés européennes : elles amplifient des fractures préexistantes et créent de nouvelles lignes de division. La guerre à Gaza a provoqué en Europe des manifestations massives, des controverses dans les universités, des tensions dans les entreprises et une polarisation des débats politiques qui dépasse largement la question israélo-palestinienne elle-même.

Le conflit Gaza a alimenté une hausse simultanée des actes antisémites ET islamophobes en Europe
1 320 actes antisémites en France en 2025 - niveau historique le plus élevé depuis 25 ans
Hausse de 88 % des actes islamophobes en France en 2025
Manifestations pro-palestiniennes dans toutes les grandes villes européennes tout au long de 2024-2025
Controverses dans des dizaines d'universités européennes sur le boycott d'Israël
Le conflit a fracturé les partis politiques de gauche et les syndicats dans plusieurs pays
L'Europe rétrogradée au rang de « spectateur inquiet » dans la recomposition régionale (IFRI)
Conseil européen : conclusions sur le Moyen-Orient adoptées à chaque sommet de 2024 à 2026

◆ 4.1 L'antisémitisme et l'islamophobie comme doubles effets de la polarisation

L'un des phénomènes les plus documentés et les plus paradoxaux des conflits du Moyen-Orient sur l'Europe est leur capacité à amplifier simultanément deux formes de haine apparemment opposées. Les données de 2025 montrent une hausse simultanée des actes antisémites et islamophobes dans les pays européens. Ce double effet traduit une réalité sociologique : le conflit n'est pas perçu par les sociétés européennes comme une question géopolitique distante, mais comme un miroir de tensions identitaires internes.

Des communautés juives européennes font état d'une anxiété sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Des communautés musulmanes européennes subissent des amalgames et des discriminations liés à leur supposée solidarité avec le Hamas. Ces deux formes de stigmatisation, loin de s'annuler, se nourrissent mutuellement dans une spirale de polarisation que les groupes extrémistes exploitent méthodiquement pour le recrutement.

« Entre 2023 et 2025, les affrontements entre Israël et la République islamique d'Iran se sont multipliés dans une guerre régionale générale indirecte, mobilisant l'ensemble des partenaires militaires de Téhéran. Le risque d'escalade et de guerre régionale n'a jamais été aussi élevé depuis des décennies. » - Revue nationale stratégique française, 2025

◆ 4.2 L'Europe spectateur inquiet d'une recomposition régionale qu'elle ne contrôle pas

L'IFRI résume avec précision la position européenne en 2025 : « Entre quête d'autonomie et transactionnalisme assumé, les puissances de la région développent de nouveaux partenariats avec la Chine, la Russie et l'Inde, rétrogradant l'Europe au rang de spectateur inquiet. » Cette marginalisation géopolitique de l'Europe au Moyen-Orient a des conséquences directes sur sa sécurité : moins d'influence sur les acteurs locaux signifie moins de capacité à prévenir les conflits qui génèrent les menaces sécuritaires.
La Revue nationale stratégique française 2025 en tire une conclusion que peu de dirigeants européens sont prêts à assumer publiquement : « La troisième nécessité, dans cette époque brutale, c'est la nécessité pour les Européens de toujours plus reposer sur leurs propres forces. » L'ère de la sécurité déléguée aux États-Unis est terminée. L'Europe doit construire sa propre capacité de réponse aux menaces issues du Moyen-Orient.

◆ V. La réponse européenne : entre cohérence affichée et divisions réelles

◆ 5.1 Le Conseil de l'UE : conclusions permanentes, impact limité

Le Conseil européen a adopté des conclusions sur la situation au Moyen-Orient à chaque sommet majeur entre 2024 et 2026 - en mars, juin, octobre et décembre de chaque année. Cette régularité témoigne de la préoccupation institutionnelle. Mais la répétition de conclusions similaires - condamnation des violences contre les civils, appel à un cessez-le-feu, soutien aux solutions à deux États - révèle aussi l'impuissance diplomatique de l'UE face à un conflit qu'elle ne peut pas résoudre par la seule force de ses déclarations.

◆ 5.2 Europol et la coopération antiterroriste : des outils qui progressent

Sur le volet sécuritaire, la réponse européenne est plus concrète. Le Conseil de l'UE a adopté en décembre 2024 des conclusions sur les priorités futures de la lutte contre le terrorisme. La réglementation de l'UE sur les contenus terroristes en ligne, adoptée en 2021, commence à produire des résultats mesurables selon Europol. La coopération entre Europol, les services nationaux de renseignement et les grandes plateformes numériques s'est intensifiée.

Mais ces progrès institutionnels se heurtent à une réalité opérationnelle : l'autoradicalisation de mineurs isolés, nourris par des algorithmes et des narratifs géopolitiques, échappe largement aux mécanismes de détection précoce conçus pour identifier des cellules organisées. La menace a muté. La réponse doit muter avec elle.

◆ VI. Analyse droits de l'homme : les tensions entre sécurité et libertés

Art. 5 CEDH - Droit à la liberté : les mesures d'urgence antiterroristes post-7 octobre ont étendu les durées de garde à vue dans plusieurs États membres
Art. 8 CEDH - Droit à la vie privée : surveillance de masse numérique renforcée sans contrôle judiciaire proportionné
Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés : pratiques de refoulement aux frontières européennes documentées par HRW
Art. 19 PIDCP - Liberté d'expression : des manifestations pro-palestiniennes interdites dans plusieurs villes européennes en 2023-2024
Art. 14 CEDH - Non-discrimination : profiling ethnique et religieux dans les opérations antiterroristes documenté par la CNCDH
Charte des droits fondamentaux de l'UE, Art. 18 : droit d'asile garanti - contredit par les politiques de refoulement financées par l'UE

◆ VII. Recommandations du Centre ACHA

◆ R1 - Recommandations à court terme (0-12 mois)

R1.1 Exiger d'Europol la publication d'un rapport spécifique sur les effets des conflits du Moyen-Orient sur la radicalisation en Europe, avec des données désagrégées par pays, groupe d'âge et vecteur idéologique.

R1.2 Demander à la Commission européenne un audit indépendant sur les pratiques de refoulement aux frontières maritimes financées par les fonds européens destinés au Liban, à la Libye et à la Turquie.

R1.3 Mettre en place dans chaque État membre un protocole d'urgence pour l'accueil et l'identification rapide des mineurs non accompagnés issus des zones de conflit du Moyen-Orient, afin de prévenir leur exploitation par les réseaux de traite et leur vulnérabilité à la radicalisation.

R1.4 Créer une cellule de veille sur la polarisation sociale induite par les conflits du Moyen-Orient, associant les services de renseignement, les associations de lutte contre le racisme et les représentants des communautés juives et musulmanes.

◆ R2 - Recommandations à moyen et long terme (1-5 ans)

R2.1 Plaider pour l'adoption d'une Stratégie européenne de sécurité au Moyen-Orient, dotée d'objectifs mesurables sur la prévention des conflits, la médiation diplomatique et la réduction des flux migratoires forcés à la source.

R2.2 Conditionner les accords de sécurité avec les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord à des engagements vérifiables sur le respect des droits humains et l'interdiction des refoulements.

R2.3 Développer un programme européen de déradicalisation en ligne ciblant spécifiquement les contenus exploitant les conflits du Moyen-Orient, en imposant aux grandes plateformes des obligations de modération renforcées.

R2.4 Renforcer la capacité diplomatique autonome de l'UE au Moyen-Orient, en dotant le Service européen pour l'action extérieure d'une unité spécialisée dans la prévention des conflits régionaux aux effets sécuritaires directs sur l'Europe.

R2.5 Soutenir la création d'un Observatoire européen des effets sécuritaires des conflits du Moyen-Orient, produisant des analyses trimestrielles sur les vecteurs terroristes, migratoires et sociaux et alimentant les politiques nationales de prévention.

◆ ◆ ◆

◆ Conclusion

Le Moyen-Orient n'est pas loin de l'Europe. Il est au coeur de ses villes, dans les fils d'actualité de ses adolescents, dans les arrières-salles de ses mosquées et de ses synagogues, dans les algorithmes qui décident ce que ses citoyens verront demain matin en ouvrant leur téléphone. Les guerres qui s'y déroulent ne restent pas aux portes de l'Europe : elles s'infiltrent par les failles de ses politiques de sécurité, par les angles morts de sa surveillance numérique et par les tensions préexistantes de ses sociétés plurielles.

L'Europe doit cesser de traiter les crises du Moyen-Orient comme des affaires étrangères à gérer par la diplomatie et l'aide humanitaire. Ce sont des questions de sécurité intérieure, dont les effets se mesurent en attentats déjoués, en jeunes radicalisés et en fractures sociales qui mettent des années à se refermer.

La réponse à cette menace systémique ne peut pas être seulement sécuritaire. Elle doit être politique - s'attaquer aux causes des conflits - et sociale - reconstruire la cohésion intérieure que ces conflits érodent. Sans cela, l'Europe restera condamnée à éteindre des incendies qu'elle n'a pas su prévenir.

◆ ◆ ◆

◆ Sources et références

Europol - TE-SAT 2025 : Rapport sur la situation et les tendances du terrorisme dans l'UE
Europol - TE-SAT 2024 (Parlement européen, commission LIBE, janvier 2025)
Revue nationale stratégique française 2025 (SGDSN, juillet 2025)
IFRI - Moyen-Orient : perspectives 2026 (Paris, 2025)
Fondapol - Les attentats islamistes dans le monde 1979-2024 (mise à jour nov. 2025)
Conseil de l'UE - Conclusions sur le Moyen-Orient : mars 2024, juin 2024, oct. 2024, déc. 2024, mars 2025, juin 2025, oct. 2025, déc. 2025, mars 2026
Conseil de l'UE - Conclusions sur les priorités futures de la lutte contre le terrorisme (déc. 2024)
Human Rights Watch - Refoulements Chypre-Liban (sept. 2024)
Centre des migrations mixtes - Examen des migrations mixtes 2025
CIEMI - Historique migratoire 2024
Euronews - Réfugiés libanais et risque de migration vers l'Europe (oct. 2024)
ONU Info - Moyen-Orient, déstabilisation régionale (sept. 2024)
MIGREUROP - Revue de presse juin 2025 (accord UE-Liban)
UnHerd - La guerre au Liban et la crise migratoire européenne (sept. 2024)
Parlement européen - Terrorisme dans l'UE : tendances et arrestations en 2023 (avril 2025)
Conseil de l'Europe - Rapport sur les menaces terroristes émergentes en Europe
CNCDH - Rapport 2025 sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie
CEDH (1950) • PIDCP (ONU, 1966) • Convention de Genève sur les réfugiés (1951)
Charte des droits fondamentaux de l'UE • Pacte européen sur la migration et l'asile (2024)

Document produit par le Centre ACHA France - Centre pour les droits de l'homme et la lutte contre le terrorisme. Besançon, Doubs • SIREN 850 614 785 • Juin 2025. Rubrique : Actualités. Tous droits réservés.

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